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Classiques Ardennaises : soporifique vous dites ?

Ce n’est pas nouveau, les Ardennaises ont toujours été moins excitantes que les Flandriennes. C’est tout simplement dû à la physionomie des courses : les Flandriennes concentrent une bonne dose de pavés, des monts et une sélection par l’arrière impitoyable notamment due au replacement des leaders par les équipiers avant chaque secteur.

Enfin la valeur intrinsèque des coureurs sur les pavés est absolument inégale au sein du peloton. Grimper une côte à forts pourcentages ou un col demande de grandes qualités mais l’agilité et la puissance requises pour maitriser le pavé semble plus difficile acquérir pour la plupart des coureurs. Cela donne des courses mouvementées et superbes à regarder.

Les classiques Ardennaises (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège) sont constituées de petits cols et terribles murs concentrés sur la fin des épreuves. Cela donne en général une course cadenassée jusqu’aux dernières difficultés où les quelques favoris placent une attaque menant à la victoire. Temps moyen de spectacle : deux minutes..

Cette prise de position est symptomatique d’un sentiment général chez les spectateurs et certains coureurs. Les courses deviennent de plus en plus calculées et planifiées, ce qui favorise les tactiques d’équipes mais nuit au spectacle et surtout au suspens. Cela peut sembler paradoxal avec l’essence même de ce sport, le cyclisme étant un sport individuel se courant en équipe, on y retrouve une composante tactique prépondérante. Mais la technologie et les tactiques évoluant au fil du temps, on a parfois un sentiment de courses aseptisées.

Je m’explique en un exemple très concret : La Flèche Wallonne est le royaume d’Alejandro Valverde, il en détient le record avec quatre victoires. De plus, cela fait trois années consécutives que l’Espagnol remporte cette Ardennaise. Il n’y a concrètement aucun intérêt pour les coureurs de modifier la façon dont ils abordent cette course vu que cela fonctionne à tous les coups.

Valverde et la Movistar ont simplement à contrôler les échappées avec l’aide providentielle d’éventuels outsiders. On rentre tranquillement sur les fuyards avant le Mur de Huy où le quadruple détenteur n’a qu’à placer une attaque décisive. Que ce soit Joaquim Rodriguez ou Dani Moreno, des coureurs au profil similaire, on n’assiste qu’à un tour de force sur les 500 derniers mètres.

L’intérêt est donc moyen pour le spectacle. Ce qui a terme peut désintéresser le spectateur, le sponsor, le partenaire financier etc.. Volontairement exagéré, j’essaie d’illustrer un fait qui est inhérent à l’utilisation de la radio par les coureurs. La radio permet d’anticiper tous les dangers potentiels. Pour une chute, un fait inhérent à la sécurité des coureurs c’est absolument primordial. Mais quand son utilisation s’étend à tout l’aspect tactique en course cela nuit à la spontanéité des coureurs et donc à la beauté de l’imparfait, du feeling.

Une illustration encore plus frappante est son utilité sur les courses à étapes. Comment savoir si dans ce groupe de coureurs s’échappant il y un coureur dangereux pour le classement général ? Le staff est simplement informé de chaque mouvement par RadioTour et répercute ces informations dans l’oreillette en y incorporant ses consignes.

Pour finir, voici le top 10 de chacune des Ardennaises. Pas de résumé détaillé, ce cru 2016 n’en valait vraiment pas la peine.

 

Amstel Gold Race

Top10AmstelGoldRace

La Flèche Wallonne

Top10-FlecheWallonne

Liège-Bastogne-Liège

Top10-LiegeBastogneLiege

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