Dossier

Le point Cocorico !

2016, l’année des Français ?

En faisant un premier bilan de cette saison, on peut dire sans nul doute que les coureurs français réalisent de belles performances. Ce n’est pas dans mes habitudes d’afficher un patriotisme exagéré, mais quand les résultats sont là on peut se permettre un petit point Cocorico !

Trois mois que la saison de route a débuté et on compte déjà bon nombre de victoires, dont un Monument, et de belles places d’honneur prometteuses pour la suite. Cela s’applique à nos jeunes sprinteurs mais aussi aux coureurs les plus complets, espoirs français sur les Grands Tours (GT).

Les sprinteurs : Bouhanni, Démare, Coquard

Parmi ces trois, un a remporté Milan-San Remo. Tout est dit. Depuis Jalabert en 1995, aucun français n’avait remporté la célèbre et longue Classicissima. Arnaud Démare a donc remporté la mythique classique italienne, premier des cinq Monuments de la saison. Pour rappel, les cinq Monuments sont : Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Victoire houleuse et sujette à polémique, le sacre du français n’en reste pas moins une fierté. Le jeune sprinteur de 24 ans ajoute un beau trophée à sa collection, et signe la quatrième victoire de sa saison.

Son ancien coéquipier à la FDJ, Nacer Bouhanni a été victime d’un ennui mécanique dans l’emballage final et finit à une honorable quatrième place. Le Vosgien avait décidé de ne pas participer au Tour de Catalogne tellement frustré par cette défaite amère. Son entourage l’ayant convaincu du contraire, il remporte deux étapes en Catalogne coup sur coup. Son tempérament d’ancien boxeur au mental de battant, mais impulsif, sera un facteur à prendre en compte s’il veut atteindre le niveau des stars du sprint. Il divise les coeurs des fans de cyclisme mais nul doute qu’il a un énorme potentiel. Il égale Démare avec quatre victoires en 2016 pour le moment.

Début de saison plus modeste pour le jeune Bryan Coquard de Direct Energie. “Seulement” trois victoires et une superbe deuxième place sur la semi à Travers la Flandre. On se demande tout de même si sa célébration prématurée ne permet pas à Roelandts de venir le sauter d’un boyau sur la ligne..

Les puncheurs : Alaphilippe, Gallopin, Vuillermoz

Pour sa deuxième saison professionnelle, Julian Alaphilippe avait impressionné le petit monde du cyclisme. En effet, le français d’Etixx a tenu en respect les plus grands coureurs de classiques en raflant deux secondes places sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Il remporte ensuite l’étape reine du Tour de Californie pour finir meilleur jeune et termine la saison 2015 à la 28ème place du classement UCI. A 22 ans. Malheureusement, sa saison 2016 est bien mal partie. Victime d’une mononucléose cet hiver, on espère qu’il va retrouver son niveau de l’an passé. C’est tout ce qu’on lui souhaite !

Tony Gallopin n’est plus tout jeune, il a l’expérience et le prestige d’avoir porté le maillot jaune sur notre Tour de France tant adoré. En puncheur assez polyvalent, il grimpe raisonnablement et est très à l’aise sur les courses d’une semaine. Il reste un peu court pour intégrer un top 10 de GT mais il a du style, de l’envie et du talent à revendre. En 2013 il gagne la Classique San Sebastian. En 2014, il emprunte le maillot jaune à Nibali lors d’une journée avant de lui rendre à la Planche des Belles Filles. Deuxième des championnats de France, septième à Richmond, de belles places en 2015.

Ag2r est depuis quelques temps un vivier de coureurs talentueux : Alexis Vuillermoz en fait partie. “Pikachu” s’est révélé sur le Tour de France 2015 comme un sacré puncheur en gagnant au sommet du Mûr de Bretagne (devant Dan Martin, Valverde et Sagan). Issu du VTT, il a l’explosivité et l’agilité pour faire de belles places sur les Ardennaises ou des courses vallonnées en général.

Les grimpeurs : Pinot, Bardet et Rolland

Ce sont les trois plus gros espoirs du cyclisme français sur les GT. Thibaut Pinot, malgré des erreurs dûes au manque d’expérience et une malchance tenace, a un palmarès fort honorable sur les GT et de belles victoires à son actif. Il gagne à l’Alpe d’Huez du Tour l’an dernier et se retrouve sur un podium (providentiel) en 2014. Sa saison 2016 commence plutôt bien avec une quatrième et cinquième place respectivement sur le Tour d’Algarve et le Tirreno Adriatico. Il lui manque encore un peu d’expérience, pour preuve sa perte de plus de 3 minutes sur l’étape pavée du Tour 2015. A mon sens, FDJ a encore du travail à faire pour amener Pinot sur un nouveau podium face aux plus grands. Son succès au Critérium International ce week-end lui apportera la confiance nécessaire à une saison prometteuse. A noter, les progrès colossaux de la formation sur le CLM en ce début d’année. C’est ce qui peut faire la différence sur un GT. Pour finir, c’est mon coup de cœur français et j’attends beaucoup de lui ces prochains temps. Il sera naturellement leader incontesté sur le Tour de France.

Romain Bardet est l’autre grimpeur français qui monte (c’est le cas de le dire). Au sein d’Ag2r il a une équipe assez solide pour réaliser de beaux tops 10 ou même éventuellement remporter une course d’une semaine. Tout comme Pinot, il commence assez bien l’année (2ème au Tour d’Oman, 9ème sur Paris-Nice) et on peut attendre de lui un top 10 sur le TDF sans trop prendre de risques. Sa campagne Dauphiné-Tour est très encourageante depuis 2014.

Pierre Rolland est l’exception française, c’est un des gros grimpeurs à avoir rejoint une équipe étrangère, ici Cannondale Pro Cycling. Son transfert a fait du bruit et nul doute qu’il est attendu au tournant. L’équipe américaine a réalisé une triste saison 2015, onze victoires seulement pour une 16ème place au classement UCI. Cela relève le challenge pour Rolland qui aura tout de même de solides équipiers/co-leaders : Slagter, Formolo, Woods, Talansky et Uran. Sur le papier, c’est plus qu’honnête pour les GT. On lui souhaite la réussite.

On garde les pieds sur Terre quant aux résultats escomptés de ces coureurs sur les plus grands rendez-vous de la saison, mais leur talent est bel et bien présent. Soyons chauvins pour une fois.

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