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Dossier : les 10 gros transferts de la saison 2018 et leur analyse

Après une année 2017 pleine de surprises et d’émotions diverses (en vrac : le retour en fanfare de PhilGil, la forme incroyable de Kwiatkowski, l’énorme Van Avermaet, le sacre de Dumoulin, la confirmation Barguil, et enfin le doublé historique de Chris Froome), il est temps de souffler et de faire un point sur les mouvements de l’intersaison.

La saison 2018 nous réserve un contexte particulier sous plusieurs aspects.

La réduction des équipes, enfin actée par l’UCI, bouleverse l’organisation toute entière tant au niveau des effectifs que de l’aspect sportif d’une telle décision. Pour rappel, les équipes ne pourront plus qu’aligner 8 coureurs maximum sur un GT (contre 9 auparavant) et 7 (contre 8) sur les autres courses. Cela a pour effet logique de diminuer les effectifs de certaines équipes et donc de complexifier leurs choix de recrutement.

Le second facteur qui influe sur cette saison est l’investissement agressif des Emirats Arabes Unis dans leur récente équipe (celle-ci avait racheté la licence de feu Lampre, la dernière équipe Italienne en World Tour). On estime son budget aux environs des 30 millions d’€. Pour avoir un ordre d’idée, la Quick Step ou la Movistar plafonnent chacune aux alentours des 15 millions. Le premier budget reste toujours l’équipe Sky avec 35 millions. Mais la hausse du budget de la FDJ, +30% avec l’arrivée de Groupama, et de UAE Team Emirates montrent bien que les choses bougent vite.

Le contexte étant clarifié, place aux principaux transferts et à leur analyse !

Les transferts 2018 des leaders

1. Fabio Aru

C’est le principal transfert de cette saison 2018. Fabio Aru quitte, avec fracas, la formation Astana pour rejoindre UAE Team Emirates pour 3 saisons. Les blessures de tous ses leaders (Aru en début de saison, Lopez, Kangert et aussi Fuglsang sur le Tour) et surtout le décès de Scarponi ont miné la saison d’Astana. Véritable trahison pour Vinokourov qui n’apprécie pas le départ de son protégé dans ce contexte.

Véritable cocon italien au Proche-Orient, budget colossal de 30 millions d’€ et gros recrutement, on peut comprendre le choix d’Aru. Vainqueur de 3 étapes sur le Giro et 2 sur la Vuelta, porteur du maillot jaune sur le Tour, Le vainqueur du Tour d’Espagne 2015 se devra de confirmer son immense talent après deux saisons en demi-teinte.

Co-leader avec D.Martin sur les gros rendez-vous, on peut vite imaginer le potentiel de l’équipe. Le seul défaut d’UAE, outre sa jeunesse (2e année d’existence), reste paradoxalement son gigantisme et ses objectifs peut-être trop élevés. En résulte un effectif un peu disparate, voulant jouer sur tous les tableaux mais diluant le budget entre plusieurs champions (on n’oublie pas la présence de Kristoff et Rui Costa). Pour accompagner les deux leaders en montagne on dispose certes d’Atapuma, Niemec, Polanc, Costa ou Ulissi. Bystrom, Consonni et Swift accompagnent eux le géant Norvégien. Mais entre ces deux “groupes” c’est un peu le vide.

Vu le talent du Sarde, on va essayer de ne pas s’inquiéter outre mesure. Mais quand on voit l’effectif aligné par Sky, BMC ou AG2R, ce n’est pas suffisant. Paradoxalement, Dumoulin a bien gagné le Giro sans une véritable équipe autour de lui.. Rien d’impossible donc. Le gros objectif d’Aru en 2018 ? L’opportunité qu’offre Innsbruck de décrocher un maillot arc-en-ciel pour un grimpeur. Il sera surement un des gros favoris !

 

2. Mikel Landa

On l’attendait, il l’annonçait depuis un moment. Landa quitte la Sky. Après des débuts dans la regrettée formation Euskaltel, le talentueux Landa a rejoint les rangs d’Astana pour deux saisons mémorables. 2015 a été un tournant pour le Basque, au service d’un encore jeune Fabio Aru, il réalise un Giro extraordinaire en finissant 3e, une place derrière son leader, et en remportant coup sur coup deux étapes de haute montagne. Considéré comme un des meilleurs grimpeurs de sa génération, on s’est même demandé s’il n’avait pas pu remporter ce Tour d’Italie. Son rôle de coéquipier le cantonne à aider son leader quitte à sacrifier ses propres chances. Frustrant mais rien d’anormal dans ce sport individuel mais qui, parfois on l’oublie, est couru en équipe.

Ainsi soit-il, son contrat arrivant à terme, Landa change de crèmerie et rejoint les prodiges Britanniques de la Sky, avec comme espoir d’avoir un rôle plus libre sur de grandes courses.

La tâche s’annonce difficile dans une dreamteam composée entre autres du roi des Grands Tours Froome mais aussi de Thomas ou Poels en 2016. Vainqueur du Tour des Alpes, course de préparation idéale, sa forme laissait penser qu’il pourrait nous offrir une grosse prestation. Malheureusement, il tombe malade et doit abandonner le Tour d’Italie, la mort dans l’âme. La suite est un grand classique, il se mettra au service de Froome en Juillet.

En 2017, Landa souhaite sa revanche. Co-leader sur le Giro avec Thomas, les chances d’une victoire sont belles et bien réelles. Une fois de plus, le sort s’abat sur le Basque et bon nombre de ses coéquipiers. Ils se font tout bonnement faucher par une moto de police mal garée. C’est l’hécatombe, Thomas et Landa n’iront pas au bout. Il reviendra en grande forme sur le Tour de France pour aider Froome à conquérir son quatrième sacre et viendra “échouer” au pied du podium. Solide pour un coéquipier, une fois de plus.

Malchance, rôle d’équipier éternel, Landa en a marre et veut un véritable rôle de leader avec une équipe construite pour l’aider à gagner un Grand Tour. Il a le potentiel, il a le talent mais son choix pour 2018 reste un mystère. Il rejoint Movistar et risque la lutte interne avec Quintana et à moindre niveau Valverde, encore fringuant pour son âge. Cadre linguistique favorable, affinités ? On se demande encore la raison d’un tel choix alors que d’autres équipes auraient pu lui offrir le rôle qu’il attendait vraiment. La rivalité avec Quintana s’annonce rude et a déjà été amorcée par conférences de presse interposées. Et pourtant, je lui souhaite réellement une année prolifique. A Landa de s’imposer, de montrer que Movistar peut lui faire confiance et l’avenir est à lui.

 

3. Dan Martin

L’Irlandais détenteur de deux Monuments, rien que ça, déménage de Quickstep vers l’ogre UAE Team Emirates. Un des grimpeurs-puncheurs les plus réguliers du peloton quitte la formation belge après deux saison au plus haut niveau. Dan Martin, c’est cinq top 10 au classement UCI World Tour en l’espace de sept ans. Le spécialiste des Ardennaises, puncheur hors-pair,  est un des rares à pouvoir accompagner le maître en la matière dans les murs les plus raides : l’infatiguable Alejandro Valverde.

Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 2013 et du Tour de Lombardie en 2014, le sympathique Irlandais a failli remporter la Flèche et LBL coup sur coup. C’était sans compter ce diable de Valverde qui s’est une fois de plus accaparé les deux épreuves. Qu’à cela ne tienne, Dan a réalisé un véritable exploit sur le Tour de France en terminant 6e du Tour. Vous ne voyez pas où est l’exploit ? Chutant lors de la 9e étape reliant Nantua à Chambéry, il continue de courir pendant 12 jours avec deux vertèbres fracturés.

Tout ça en dit long sur sa force de caractère. Le cousin de Nicolas Roche est un battant, un véritable acharné qui ne lâchera absolument rien avant d’atteindre son objectif. Et si son objectif c’était d’enfin détrôner l’Espagnol sur une Ardennaise ? La montée en puissance d’Alaphilippe et Teuns ne va pas lui faciliter les choses. De plus, par rapport à la talentueuse équipe Belge, UAE n’est pas du tout taillée pour prendre en main de telles courses. Il sera donc plutôt esseulé.

Ses multiples talents en font un bel outsider pour des courses à étape d’une semaine comme Paris-Nice ou le Dauphiné. A voir si le talent et la hargne de Dan Martin lui suffiront pour aller décrocher un autre monument, un classement au général d’une belle épreuve ou encore une autre victoire de prestige sur une classique.

4. Barguil

Cela fait quelques années que les experts gardent un oeil attentif sur le jeune Breton. Encore assez méconnu du grand public, Warren Barguil est un diamant brut qui ne demande qu’à être poli. Le Team Sunweb a senti son immense potentiel et l’a propulsé au niveau pro un an après sa victoire au Tour de l’Avenir 2012. Il débloque rapidement le compteur en remportant une étape sur la Vuelta dès sa première année.

Depuis, toujours placé mais n’ayant plus aucune victoire, il réalise l’exploit en 2017 avec deux victoires sur le Tour de France. Espérons qu’il continue sur la lancée pour les saisons à venir. Grimpeur hors-pair, il peut être aussi redoutable sur une course d’une semaine que sur un Grand Tour. Comme souvent pour les coureurs de son profil, il lui manque la puissance en contre-la-montre pour être une véritable menace au classement d’un GT.

Souriant et altruiste dans l’effort, le jeune Français ne refuse jamais une bonne échappée ou une attaque osée. C’est ce qu’on aime chez cette nouvelle génération de grimpeurs, ils osent. Ils dynamitent la course pour notre plus grand bonheur.

Du bonheur, on lui en souhaite énormément dans sa nouvelle équipe : le Team Fortuneo Samsic. C’est un pari risqué pour Barguil, son statut protégé au sein de Sunweb lui assurait une place d’électron, voire parfois d’équipier de luxe. Et c’est bien ça le problème, ce rôle d’équipier, Warren n’en veut plus. Chez Fortuneo Samsic il sera le seul et incontestable leader. L’équipe est encore perfectible contre de grosses formations aux budgets colossaux mais la coqueluche des Français a toujours su se débrouiller quasiment seul pour briller.

 

5. Meintjes

Le jeune Sud-Africain de 26 ans revient au pays. Après une escale chez Lampre (RIP) devenue UAE Team Emirates, Meintjes est de retour chez Dimension Data où il endossera un rôle de leader incontesté sur les courses à étapes. Tout un symbole, l’équipe Sud-Africaine récupère le jeune qu’elle a propulsé au niveau professionnel, à l’époque sous le nom de MTN Qhubeka après une fugue de 2 ans.

Meintjes est un grimpeur hors-pair. Toujours discret, méconnu de la plupart des Juilletistes, il est pourtant constant depuis quelques années. Pour preuve, en 2015 il entre dans le cercle prometteur des détenteurs de top 10 sur Grand Tour avec une belle dixième place au général sur la Vuelta.

Avec la Lampre et sa renaissance Proche-Orientale, UAE, il prend la 8e place du Tour de France deux années consécutives. On avait dit constant ? L’ambition en plus : le plus talentueux représentant du continent Africain vise un podium d’ici 2020 sous les couleurs de la sympathique équipe Sud-Africaine.

Il ne lui manque qu’une belle victoire afin de provoquer le déclic qui le ferait prendre une autre dimension (vous suivez?). Ce n’est pas une mince affaire et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il lui faudra monter d’un cran pour y parvenir. Pas évident connaissant le faible support qu’il dispose dans l’équipe. Par sens tactique, opportunisme ou à la pédale, à lui de jouer et de confirmer les espoirs placés en lui.

 

Les transferts 2018 des sprinteurs

6. Marcel Kittel :

C’est l’hécatombe chez les belges de la Quick-Step. Après la perte de D. Martin (UAE), Trentin (Mitchelton-Scott), Brambilla (Trek Segafredo), De la Cruz (Sky) ou Boonen (retraite), c’est au tour du meilleur sprinteur du moment de changer d’air. L’Allemand à la mèche la plus célèbre du peloton rejoint le team Katusha-Alpecin pour la prochaine saison. Gros coup de la part de l’équipe Suisse qui signe LA référence mondiale du sprint de ces dernières années.

Marcel Kittel est tout simplement le sprinteur le plus prolifique actuellement. Il a levé les bras à 14 reprises en 2017. A titre de comparaison, seuls Valverde et Gaviria, l’ex coéquipier de Kittel, ont fait aussi bien. On situe un peu le niveau du bonhomme, pour ceux qui osaient encore en douter.

Quand Kittel s’aligne sur une épreuve, il repart rarement bredouille. Il a par exemple annihilé la concurrence sur le Tour de Dubai en début de saison (3 victoires sur 4 étapes, ainsi que le général), mais aussi sur le Tour de France. L’Allemand a tout bonnement raflé 5 victoires d’étapes. C’est un quasi sans-fautes et ça en devient presque gênant. Il est très loin au dessus de ses principaux concurrents, que ce soit en puissance ou en vitesse intrinsèques. Précisons néanmoins qu’il disposait aussi d’une formation qui savait s’y prendre pour le mettre en valeur dans les derniers kilomètres.

Justement.. On peut néanmoins se poser la question du succès futur de Kittel chez Katusha sans les extraordinaires talents qui formaient son train chez Quick-Step. L’équipe Suisse dispose de quelques gros moteurs mais le moins qu’on puisse dire c’est que Kristoff n’a pas vraiment eu de train dernièrement. Le constat reste le même pour 2018 vu les recrues arrivées avec l’Allemand. On imagine que son train se composerait de Dowsett, T.Martin, Haller, Politt et le dernier échelon se pourrait bien être Zabel.

La somme des watts est impressionnante mais je ne suis pas certain que cela suffise pour placer Marcel dans les meilleures conditions. Kittel n’a pas cette faculté, qu’ont Viviani ou Sagan, à se faufiler aisément en parfaite autonomie dans les derniers hectomètres.

Le gros point positif de ce transfert ? Sa confrontation future avec ce qui pourrait bien être le meilleur sprinteur en devenir, Fernando Gaviria.

On a terriblement hâte de voir ces deux-là se mesurer en 2018 ! Avantage au jeune Colombien ou au puissant et expérimenté Allemand ?

7. Alexander Kristoff :

Véritable révélation depuis 2014, Kristoff a déjà accroché Milan San-Remo (2014), le Ronde Van Vlaanderen (2015) et le GP Plouay (2015) à son tableau de chasse. Autant coureur de classiques que sprinteur, Kristoff est un talent brut, puissant. Ah oui, il est aussi l’actuel champion d’Europe en titre..

Katusha ayant décidé de frapper fort en recrutant Kittel, le Norvégien a donc rejoint Aru et Martin chez les Emiratis d’UAE. Impressionnant de constance depuis 2014, Alexander est plutôt discret dans le peloton tout au long de la saison. Loin de là, l’exubérance d’un Sagan, les attaques incessantes d’un Van Avermaet ou encore les coups d’éclats d’un Gilbert. On peut presque croire qu’on en parle moins, qu’on ne le cite pas souvent en grand favori que ce soit pour la Primavera ou les Flandriennes.

Mais les résultats sont là. Pas impérial, Kristoff est toujours placé et surtout gagnant quand on ne l’attend plus. Auteur de 4 victoires avant la période des classiques, il ne parvient néanmoins pas à décrocher de première marche significative jusqu’à Eschborn-Frankfurt, première véritable victoire World Tour pour lui en 2017. Malgré cinq top 5, il passe un Tour de France transparent et termine sa saison en remportant la Ride London Classic mais surtout le Championnat d’Europe. Pas flamboyant, mais constant.

Discret, flegmatique, le solide Norvégien est galvanisé par un nouveau départ et son titre Européen. Il a amené avec lui son acolyte, en la personne de Bystrom, chez UAE mais ne dispose pas du train le plus impactant du World Tour. Peu importe, on le sait débrouillard et il sait justement si bien se faire oublier.  Attention à Kristoff en 2018, il pourrait en surprendre plus d’un !

8. Coquard : un sentiment d’inachevé

C’est un fait, le jeune sprinteur de 25 ans fait partie du top 3 des finisseurs Français. Démare ayant pris une autre dimension depuis sa victoire à San-Remo et sa confirmation sur le Tour 2017, il n’y a guère que Bouhanni pour le concurrencer à niveau plus ou moins équivalent.

Professionnel depuis 2013 chez Europcar, il n’a jamais quitté cette crèmerie, pas même lorsque l’avenir du team était incertain et la continuité assurée par l’arrivée de Direct Energie. Toujours le principal pourvoyeur de victoires de l’équipe, il est rapidement devenu la coqueluche des Français de part sa jeunesse et sa sympathie.

Mais, songeant à changer d’air, Bernaudeau l’a alors écarté du Tour 2017 en guise de punition. Réaction logique de la part de Coquard qui s’en va donc rejoindre le nouveau projet de Pineau : Vital Concept. Il aura véritablement une équipe bâtie autour de lui afin de confirmer ses talents d’excellent sprinteur. Plus d’excuses, il faut rattraper le temps perdu en 2017. Avec son potentiel, il faudra surtout remporter une première victoire sur une épreuve World Tour. Début encourageant, Bryan arrache la première étape à Oman devant Cavendish. Sans conteste, sa plus belle victoire. A suivre !

9. Vivani

Champion olympique de l’omnium 2016, Viviani est vif et agile. Il sait naviguer à son aise dans un peloton nerveux. Chez Sky, la priorité a toujours été les courses à étapes, les Grands Tours et en bonus quelques classiques glanées par Kwiatkowski, Poels et consorts. Lors de ces dernières années, les sprinteurs n’ont jamais vraiment été l’élément central.

Et pourtant, Viviani est un des meilleurs d’un point de vue placement, instinct et tactique dans les deniers kilomètres d’une course. Malgré d’excellents résultats (Cyclassics Hambourg, GP de Plouay), il a toujours manqué ce petit plus qui le classerait parmi les meilleurs mondiaux. Surtout depuis que la nouvelle génération (Gaviria, Groenewegen, Ewan) pointe le bout de son nez !

Son arrivée chez Quick-Step est néanmoins la bienvenue. Son expérience et son talent viendront épauler un Gaviria encore jeune, mais extrêmement prometteur. Et puis, tant qu’à faire, autant avoir deux sprinteurs pour mieux se répartir les courses à remporter tout au long de la saison. Ce duo là risque de faire beaucoup d’étincelles.

Ce qu’on peut dire c’est que Viviani a cartonné depuis sa reprise. 4 victoires et le général du Tour de Dubaï, rien que ça, le changement lui a fait un bien fou ! Le gros test sera d’être compétitif sur un gros rendez-vous. On pense surtout ici à Milan-San Remo. Surveillez de très près l’Italien cette saison !

10. Trentin

Matteo Trentin, 28 ans, file tenter sa chance du côté des Australiens de Mitchelton-Scott. Pendant longtemps l’homme de l’ombre de Cavendish ou Kittel,  il était temps de tenter sa chance ailleurs et de prendre ses responsabilités en tant que leader sur les classiques et courses vallonées. Son profil de couteau suisse (excellent rouleur, véloce et endurant) qui passe bien les bosses le rapproche du vieillissant, mais toujours aussi doué, Daril Impey. Avec Albasini, Mitchelton-Scott a un noyau sacrément intéressant pour les classiques vallonnées.

Depuis toujours chez les Belges de Quick-Step, Trentin fait partie de cette caste exclusive de coureurs qui peuvent se vanter d’avoir gagné sur les 3 Grands Tours. Sa saison 2017 a été une réussite totale compte tenu de son rôle dans la super-écurie Quick-Step. Tenter d’exister entre Gaviria et Kittel est un véritable défi… entièrement relevé pour l’Italien. Après de nombreux top 10, il finira sa saison en boulet de canon en raflant quatre étapes sur la Vuelta, la Primus Classic, Paris-Tours et arrachera une superbe quatrième place aux Mondiaux. Je connais quelques sprinteurs qui envieraient un tel palmarès.

En 2018 pourquoi pas jouer la surprise sur Milan San-Remo et l’Amstel Gold Race ?  En plus de ces objectifs vallonnés, il aura réellement le second rôle de sprinteur de l’équipe après Caleb Ewan. A prévoir un top 10 sur l’Omloop et l’E3 Harelbeke et une grosse performance sur Kuurne-Brussel-Kuurne et le GP de l’Escaut. Les paris sont pris, reste à Matteo de confirmer qu’il est un coureur qui a enfin trouvé la bonne formule pour faire de grosses saisons.

 

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