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Dossier : La campagne des classiques

Plus que quelques semaines et les classiques cyclistes arrivent !

Mais afin de mieux comprendre de quoi nous allons parler dans ce dossier, il faut rappeler ce que l’on considère comme une classique. Tout d’abord, il va s’agir ici uniquement d’une course se déroulant sur un jour. Toutes les épreuves d’un jour ne sont heureusement pas des classiques. Celles-ci revêtent une dimension plus prestigieuse aux yeux des coureurs, en cause leur ancienneté et leur impitoyable difficulté. La plupart de ces courses ont été créées au début du 20ème siècle et sont donc chargées de souvenirs, d’épisodes héroïques ou encore de grandes déceptions. C’est cela qui en fait le charme tout particulier. Les classiques cyclistes se courent historiquement (mais pas que) dans les Flandres, la Wallonie jusqu’aux Ardennes Françaises, le Nord de l’Hexagone ou encore les Pays-Bas. A propos du parcours, leur longueur est considérable dépassant souvent les 200km. Milan-San Remo, quant à elle courue en Italie, flirte avec les 300km.

La Primavera

Milan-San Remo : la course cycliste la plus longue de la saison, celle qui ouvre la campagne des classiques de Mars et surtout une des plus anciennes. Créée en 1907, elle est longue, plate et favorise les sprinteurs encore capables de rallier l’arrivée avec les meilleurs. Elle fait partie d’un des cinq Monuments du cyclisme.

Tenant du titre : John Degenkolb

Les Flandriennes

De fin mars à avril : le Grand Prix E3, Gand-Wevelgem et le Tour des Flandres se déroulent dans les Flandres Belges alors que Paris-Roubaix laisse deviner son pedigree Français. Leur spécificité ? Du pavé et encore du pavé. Comme si cela ne suffisait pas, rajoutons-y un climat apocalyptique et vous aurez droit à des épreuves dédiées aux véritables forçats de la route.

Le Tour des Flandres, un Monument créé en 1913, allie la dangerosité des pavés à l’enchainement de côtes courtes et raides. Une épreuve pour les adeptes des fins en solitaire ou des sprinteurs puissants et agiles. Du costaud. La physionomie des deux autres courses Belges est à peu de choses près la même.

Tenant du titre : Alexander Kristoff

Paris-Roubaix, l’Enfer du Nord n’est plus à présenter. Autre Monument du cyclisme créé en 1896, c’est le prestige pour celui qui soulèvera le trophée à la forme si ironique. Sa principale différence avec ses consoeurs Belges est son parcours typiquement plat mais agrémenté de nombreux secteurs pavés sournoisement répartis afin de durcir la course. La Tranchée d’Arenberg, véritable mythe de Paris-Roubaix, voit le peloton défiler à une allure incroyable compte tenu de son revêtement instable et dangereux.

Tenant du titre : John Degenkolb

Les Ardennaises

Une semaine après Paris-Roubaix, il est temps pour les Ardennaises de faire leur apparition. Et une fois de plus cela promet d’être intense pour les coureurs se focalisant sur ces épreuves : trois courses vont s’enchainer en l’espace d’une semaine. Petit topo.

L’Amstel Gold Race prend place aux Pays-Bas aux environs de Maastricht et voit le jour en 1966, c’est la plus jeune. La côte du Cauberg juge son arrivée depuis 2003.

Tenant du titre : Michal Kwiatkowski

La Flèche Wallonne est créée en 1936 et a la particularité de franchir plusieurs fois le Mur de Huy : 1,2km aux pourcentages vertigineux (22% sur un des virages). Histoire de corser le tout, l’arrivée se trouve au sommet du-dit Mur.

Tenant du titre : Alejandro Valverde

Liège-Bastogne-Liège, l’autre Monument, surnommée la Doyenne (1892) est un enchaînement de côtes et vallons sur 260km. Une véritable épreuve exigeante qui clôt les classiques de Printemps et prépare les plus courageux au Giro d’Italie deux semaines plus tard.

Tenant du titre : Alejandro Valverde

Les Ardennaises ont donc un parcours vallonné, bien moins pavé, favorisant les puncheurs et coureurs plus aériens. Ceux-ci seront à même de supporter la succession de côtes très raides à l’effort court et violent. Il auront la capacité de placer une attaque dans ces raidillons qu’aucun véritable sprinteur ou grimpeur (plus à l’aise sur une ascension longue et régulière) ne pourra suivre. Il n’y a qu’à comparer les divers palmarès pour s’en rendre compte.

Les semi-classiques

Le calendrier cycliste est plus que fourni en semi-classiques, ces courses ayant la même physionomie mais moins difficiles et moins prestigieuses. Elles vont faire monter en puissance les équipes pour les plus grosses épreuves à venir. La vidéo un peu plus bas en contient quelques-unes mais se concentre sur une grande partie du circuit Flandrien, cet article est donc non-exhaustif. Pour les plus convaincus d’entre-vous, rendez-vous sur le site de l’UCI pour ne rien manquer.

Ceci m’amène aux deux semi-classiques de ce week-end qui lancent littéralement cette campagne 2016 :

Omloop Het Nieuwsblad – 27/02/2016 : C’est la première de la saison et les plus gros clients sont au rendez-vous. De nombreux coureurs vont tester leur forme à l’aube des plus grandes classiques. Vu l’édition 2015 (voir la vidéo) cela promet un sacré bras de fer, Etixx Quick-Step réclamant vengeance au Team Sky : en effet les Belges ont vu la victoire leur échapper, pourtant à trois contre un dans le final, au profit de Ian Stannard. Celui-ci ne sera pas présent pour défendre son titre, le jeune Luke Rowe prendra les rennes de l’équipe Samedi. Le circuit empruntera une partie du Tour des Flandres pour le plus grand bonheur des adeptes des pavés et des monts Flandriens. A l’heure où j’écris ces lignes, un vent plutôt malicieux est annoncé et promet de durcir encore plus la course.

Le tenant du titre : Ian Stannard

Les favoris : Niki Terpstra, Greg Van Avermaet, Alexander Kristoff

Les surprises potentielles : Edward Theuns, Tiesj Benoot, Luke Rowe

Kuurne-Bruxelles-Kuurne – 28/02/2016 : Dimanche, ce sera non loin de là que va se courir cette deuxième semi-classique. La plupart des coureurs ont prévu de rester dans la région pour, au choix, réaliser le doublé, faire mieux que la veille ou simplement enchaîner les kilomètres afin de se préparer pour les semaines à venir. Le parcours de K-B-K est plus clément avec les sprinteurs que le précédent. En effet l’essentiel des difficultés est concentré sur la première moitié des 200 km. On assistera donc normalement à une empoigne entre les habitués du peloton si le vent ne vient pas gâcher la fête et que les équipes protègent bien leurs leaders.

Le tenant du titre : Mark Cavendish

Les favoris : Peter Sagan, Elia Viviani, Alexander Kristoff

Les surprises potentielles : Caleb Ewan, Dylan Groenewegen, Roy Jans

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Petit aparté pour les non-initiés : je vous encourage à tenter l’aventure télévisuelle d’une grande classique. C’est, à mon sens, le meilleur moyen de voir une course fantastique pleine d’action et tactique. Bien mieux que 3/4 des étapes d’un Grand Tour parfois trop cadenassé par la stratégie de course liée aux grands leaders. Ici les favoris ne se regardent pas, ils n’ont pas 3000 km mais 200 km pour faire la différence.

© photos : Sirotti

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