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Le sort de Dimension Data en WorldTour

Le contexte

Après cette longue pause, mea culpa, PdP revient pour faire un rapide point sur la réforme WorldTour et le sort de l’équipe Dimension Data. Si vous suivez un peu le cyclisme tout au long de l’année, vous avez sans doute remarqué le principal problème de notre si beau sport : son modèle économique est dépassé. Cela commence par un réel déséquilibre entre les principaux évènements sur-médiatisés et 90% du reste du circuit annuel, méconnu voir oublié de tous. Sponsors, diffuseurs et donc spectateurs. Pourquoi ce déséquilibre ?

Le fonctionnement même du cyclisme implique l’organisation des courses par des sociétés tierces, les équipes se voyant attribuer une place selon la classification de l’épreuve. Ces sociétés se résument bien souvent aux deux mastodontes que sont le français ASO (Tour de France, Tour d’Espagne, Paris-Roubaix, LBL, Flèche Wallonne, Dauphiné…) et l’italien RCS Sport (Tour d’Italie, Milan-San Remo, Tour de Lombardie). Ces deux organisateurs monopolisent la plupart des épreuves les plus prestigieuses du circuit, 3 Grands Tours et 4 Monuments, mais surtout les droits liés à la retransmission. Tout ceci ne favorise pas une juste répartition des revenus entre tous les acteurs du cyclisme. Ajoutons à cela la volonté de l’UCI de réduire le nombre d’équipes au niveau WorldTour et de densifier le calendrier, les tensions ont été vivaces depuis quelques années.

La réforme : passer à 16 équipes d’ici 2019

La réforme de l’UCI prévoyait donc, entre autres, de passer  de 18 à 16 équipes (WorldTour) dès 2019. Par soucis de ne pas brusquer les choses, 2017 devait voir une seule licence sacrifiée. Bonne nouvelle, Tinkoff et IAM ayant annoncé la fin de leur aventure cette saison, chaque équipe devait y trouver son compte. C’était sans compter deux nouvelles venues : L’ex Bora-Argon réclamant sa place dans l’élite après un recrutement assez fou; Sagan, König et Majka intègrent la toute nouvelle Bora-Hansgrohe. Puis, un Prince du Bahrein a voulu tenter l’aventure du cyclisme. Après avoir recruté Nibali, Rodriguez et une flopée d’autres talents italiens, la structure du Moyen-Orient souhaite rejoindre le WorldTour. Dimension Data, dernière du classement, a donc rapidement imaginé son avenir en Continental Pro étant donné la carrure de ses deux adversaires.

Le rebondissement

Fin octobre, l’UCI annonce finalement son accord avec ASO de retarder la réforme, conservant les 18 places actuelles pour la saison 2017. Dimension Data est donc sauvée ! Certes, on en déduit que la fédération internationale doit prendre en compte la toute-puissante ASO avant de prendre une décision de cette ampleur. De plus, ASO étant contractuellement liée à la société Dimension Data pour le dispositif de recueil données du Tour de France (ce petit boitier installé derrière la selle des coureurs permettant de récolter des données GPS afin de suivre chacun d’entre eux en direct sur le site de DD), on peut se demander la partialité de cette décision. Mais c’est en définitive une excellente nouvelle pour l’équipe Sud-Africaine qui, malgré sa dernière place, n’est pas une imposture parmi l’élite du cyclisme. Cavendish, Boasson-Hagen et Cummings ont encore prouvé qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration et ce n’est heureusement pas fini !

Sources : Cyclingnews, Cyclingtips, UCI.

© photos : Cor Vos

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