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Un surprenant Paris-Roubaix !

On voyait bien Peter Sagan, Fabian Cancellara ou même Sep Vanmarcke s’imposer Dimanche sur le vélodrome de Roubaix. Vu leurs résultats sur le Tour des Flandres, on pouvait espérer les voir truster au minimum le podium. Mais la course cycliste, par définition imprévisible, en a voulu autrement. C’est finalement l’expérimenté et surprenant Australien Mathew Hayman qui s’impose sur une édition 2016 plutôt folle. Il devance au sprint un Tom Boonen voulant entrer dans la légende et un Ian Stannard rusé mais émoussé. Vanmarcke a été impressionnant et était probablement le plus fort à la pédale, mais ses attaques successives n’ont pas réussi à décrocher suffisamment ses compagnons d’échappée. Il échoue donc au pied du podium, c’était logiquement le moins rapide au sprint, devant un solide Edvald Boasson Hagen concédant juste trois secondes sur le final.

Des chutes, des leaders piégés, un classique…

Le temps est resté clément sur ce Paris-Roubaix malgré ce que l’on craignait et mis à part un vent soutenu les coureurs ont pu éviter le pire : des pavés trempés et glissants. Les secteurs avaient souffert du mauvais temps des jours précédents mais l’humidité était tout juste bonne pour éviter cette fameuse poussière des éditions très sèches. Pourtant, des secteurs plus humides ou des bas-côtés boueux promettaient de réserver quelques pièges aux coureurs peu attentifs, et ce fut le cas…

Ce Paris-Roubaix 2016 a eu son lot de chutes dès les secteurs pavés, nervosité oblige. La première moitié de course a été relativement calme, plusieurs tentatives d’échappées échouant pour enfin voir seize hommes prendre le large. Dans ce groupe figuraient notamment Mathew Hayman, Sylvain Chavanel et Imanol Erviti. Mais à l’approche des pavés, la course s’intensifie et les équipes tentent de replacer leurs leaders. Conséquence quasi-logique, on assiste à plusieurs chutes. La plus notable va malheureusement sceller le sort de deux des principaux favoris avant Arenberg : Spartacus en personne et Peter Sagan… Bloqués en deuxième partie de peloton, on se demande encore la raison de ce mauvais placement, ils ne reviendront jamais sur le groupe se détachant sous l’impulsion d’Etixx Quick-Step. Tony Martin réalise un travail de titan pour emmener le reste du peloton alors que Sagan et Cancellara isolés de la majorité de leurs coéquipiers sont obligés de rouler à l’arrière avec le peu d’aide disponible : A part Giant-Alpecin qui collabore, aucune équipe n’a d’intérêt à revenir sur la tête. C’est bel et bien raté pour le dernier Paris-Roubaix de la carrière de Cancellara, idem pour le rêve de doublette Tour des Flandres – Enfer du Nord pour le Slovaque de la Tinkoff. On note aussi qu’Alexander Kristoff, Niki Terpstra et Lars Boom sont entre autres piégés. Plafonnant à 1’30 ce second groupe ne reviendra jamais.

Les formations Sky et Lotto Jumbo sont présentes en force dans le bon wagon. Le groupe principal se réduit au fil des secteurs pavés, tout comme l’avant de la course qui perd peu à peu des éléments. On assistera à un regroupement des principaux favoris (restants) avec la tête : Boonen, Stannard, Vanmarcke, Boasson Hagen rejoignent, Erviti, Hayman ou Haussler. La sélection par l’arrière opérant, un petit groupe d’une quinzaine de coureurs se détachera petit à petit dans les secteurs les plus décisifs sous l’impulsion des Sky, Etixx et Lotto Jumbo. Derrière, on note la chute de Cancellara dans le groupe de chasse qui permettra au moins aux spectateurs de voir l’immense talent de Sagan à l’oeuvre…

Le scénario de Dimanche est la preuve parfaite que le cyclisme est un sport individuel qui se court en équipe. On peut être le grandissime favori mais les qualités intrinsèques d’un grand leader ne suffisent parfois pas. La sélection ayant éliminé la majeure partie des coéquipiers des deux principaux piégés du jour, ils avaient de maigres chances de revenir.

Un final mouvementé

Sur le final, un groupe de quatre (Boonen, Vanmarcke, Stannard et Boasson Hagen)  se détache et se livre une bataille acharnée, chacun y allant de son attaque ou de son contre bien placé. Sep Vanmarcke est le plus offensif et on le voit plusieurs fois en train de faire exploser le petit groupe de tête. Mais c’est Stannard et Boonen qui se livrent une guerre sans merci sur la toute fin de course. On notera le retour presque anecdotique dans ce groupe de Mathew Hayman, seul rescapé de l’échappé du jour. On assiste à une fin de course très mouvementée et l’entrée sur le vélodrome se fait groupée sauf pour le Norvégien qui se laisse distancer. Hayman tire son épingle du jeu et règle ce sprint devant Boonen et Stannard désabusés. L’Australien a su courir intelligemment, ne produisant plus d’effort inutile sur le final, en laissant les quatre autres s’épuiser pour remporter la plus belle victoire de sa carrière.

3 comments on “Un surprenant Paris-Roubaix !

  1. Un vainqueur très surprenant, mais assez logique dans une course ou l’expérience et un atout maitre.
    Je ne cache pas ma grande déception de ne pas voir Tom Boonen sur la plus haute marche du podium, ce gars est capable de se transcender pour cette cours, nul doute qu’il sera de nouveau là l’année prochaine pour devenir l’unique recordman du nombre de victoire (c’est tout de même son 7ème podium sur l’épreuve, Monsieur Paris Roubaix en personne!!)

    Merci pour le résumé, maintenant place aux Ardennesaises avec son lot de surprises comme chaque année!

  2. Bravo David voici encore un commentaire sublime
    Une plume magnifique comme d habitude
    Dommage l article parait un peu tard
    Bisous

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